Le mot d’ordre était donné : RDV à 10h, jeudi 19 novembre, au centre commercial Leclerc du Bout des haies à Blois. Objectif : donner un coup de gueule contre les marges que peuvent se faire les GMS sur les produits laitiers, alors que les producteurs peinent à tirer un revenu décent.
Joël Norais, responsable de la section lait chez JA Centre, voulait une action de grande ampleur. « Jusque là, des actions en département visaient les laiteries principalement : blocage de camion dans les fermes, stickage de produits dans les rayons des supermarchés incriminent les laiteries, RDV dans les laiteries… Cette fois, nous voulions nous attaquer aux mastodontes de GMS, à un niveau régional. Nous avons choisi le Leclerc de Blois parce qu’il est en position centrale dans la région. » Après que la FRSEA a rejoint le mouvement, il fallait déterminer le contenu de l’action…
Embouteillage aux caisses, rond-point bloqué, pyramide de briques de lait, rayon bâché…
Bruno Verkest, pour la FRSEA, et Joël Norais, pour les JA, ont motivé leurs troupes à partir de 10h. « Les négociations au niveau national sont en panne, a expliqué Bruno Verkest. Le mouvement de protestation pourrait se durcir davantage dès demain si la réunion téléphonique de la FNPL de ce jour n’aboutit à rien. »
Quatre groupes ont alors été formé rapidement : un premier s’est dirigé vers le rayon lait du magasin : stickage des produits laitiers avec slogans : « Leclerc augmente ses marges sur notre dos » ou « cette entreprise rémunère mal ses producteurs ». D’autres éleveurs se sont dirigés vers les caddies, pour coller des étiquettes « Aux éleveurs les sacrifices, aux grandes surfaces les bénéfices ». Pendant ce temps, deux délégations postées devant les entrées de la galerie marchande faisaient déguster du lait tout en donnant tracts et explications aux passants. On pouvait lire sur un panneau : « On préfère vous donner le lait directement plutôt que le donner aux GMS. »
A un rond point proche du Leclerc, d’autres éleveurs laitiers expliquaient leur mécontentement aux automobilistes pas toujours enchantés d’avoir à ralentir.
Rayon des produits laitiers fermé par les éleveurs : faute de rémunération de leur travail
Après un barbecue convivial devant le supermarché, l’assaut final a été lancé. Chaque agriculteur devait acheter une brique de lait, sans oublier de prendre un caddie pour le transporter, et demander une facture…juste histoire de faire perdre du temps aux caissières. Toutes les briques entreposées dehors formaient une pyramide, à côté d’une autre belle pyramide, plus haute, faite de caddies. Une demi-heure après, armés de bâches, scotch, affiches et plastiques d’enrubannage, les 120 manifestants ont investi en même temps les rayons frais pour les fermer. Sur les bâches, on pouvait lire : « Les éleveurs laitiers broient du noir » ou « Rayon des produits laitiers fermé par les éleveurs : faute de rémunération de leur travail. » Après quelques échanges avec la direction du magasin, chacun a repris sa route, vers les 4 coins de la région, prêt à repartir en manifestation (dès le lendemain pour le Loiret !)
Suite aux échecs de négociations nationales, un nouveau mot d’ordre est lancé pour les 25 et 26 novembre, commun aux JA, à la FNSEA et à la FNPL, à l’encontre des laiteries. Après un premier exercice pratique le 19 novembre, les éleveurs laitiers vont pouvoir repartir rapidement en manifestation. Après réception des payes de lait d’octobre peu rémunératrices, le mouvement devrait se durcir facilement.



