JA 28

Les jeunes agriculteurs d'Eure et Loir

juin 30 2015

Retour sur le 49ème Congrès des Jeunes Agriculteurs

Les 16, 17, et 18 juin derniers se déroulait le Congrès national des Jeunes Agriculteurs dans la ville du Mans, auquel participait une délégation des JA 28. Ce fut l’occasion pour près de 700 responsables jeunes agriculteurs de se réunir autour de nombreux sujets : débats internes sur l’activité et le fonctionnement de la structure, amendements et vote du rapport d’orientation 2015 sur le foncier, table ronde consacrée à la place de l’agriculture dans les relations internationales, échanges avec le Ministre de l’agriculture sous forme de questions-réponses.

 

Un rapport d’orientation sur la thématique du foncier agricole   

« Foncier entre avenir et héritage » tel est le titre du rapport d’orientation que JA vient de signer.

Il y a quelques mois, le choix du thème avait été une évidence au sein du réseau JA : le foncier et la difficulté d’y accéder pour s’installer. En effet, pour JA l’accès à la terre reste le principal frein à l’installation de nouveaux agriculteurs, et il est essentiel d’y apporter des solutions.

Après 9h de débat menés par l’ensemble des congressistes, le rapport d’orientation a enfin été voté. De grands thèmes y sont évoqués tels que la préservation du foncier agricole, la pression grandissante des règles environnementales sur la gestion des terres, et le portage du foncier comme solution pour l’installation des jeunes.

Parmi les propositions faites dans le rapport on pourra noter le besoin de :

- freiner le changement de destination des terres : mettre en place un référentiel de la qualité agronomique des sols, pour prendre en compte cette qualité dans l’élaboration des documents d’urbanisme et ainsi ralentir l’urbanisation de très bonnes terres agricoles ; doubler les taux et abaisser la hauteur de la plus-value taxable de la taxe sur le changement de destination des terres pour la rendre plus dissuasive.

- rénover la fiscalité sur le foncier agricole : limiter la taxe sur le foncier non bâti au minima des fermages des barèmes départementaux ; et même exemptés totalement de la taxe les jeunes installés pendant les cinq premières années d’activité.

- faciliter l’accès des jeunes aux terres agricoles : cessibilité du bail à un jeune qui s’installe ; portage de foncier…

 

En conclusion du rapport, JA demande l’élaboration d’une grande loi foncière, en effet, « on ne peut pas gérer la question foncière par petits bouts », expliquait Thomas Diemer, président des Jeunes Agriculteurs, regrettant qu’aujourd’hui le foncier soit une thématique traitée dans plusieurs lois différentes et non dans une seule.

 

Un ministre peu convainquant pour les congressistes

 L’accueil du Ministre Le Foll aura marqué les esprits ! Accueilli en chanson par Florent Dornier, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs, sur l’air de « Hallelujah » repris à l’accordéon, le ministre a semblé un peu désorienté. Il faut dire que les paroles de cette reprise JA, et les panneaux « HELP » brandit par les congressistes, marquaient toute la détresse touchant le monde agricole depuis plusieurs mois : « Monsieur le ministre, permettez moi, de vous dire que les JA, n’ont plus la foi, dans les beaux discours de nos politiciens… Monsieur Le Foll le changement c’est pour quand ? »

Thomas Diemer président des Jeunes Agriculteurs, précédé par Xavier Beulin président de la FNSEA, ont tous deux évoqués plusieurs sujets d’actualités pour les agriculteurs : la mise en œuvre compliquée de la PAC, la nécessité de simplification administrative, l’existence de normes franco-françaises empêchant l’agriculture française d’être réellement compétitive, et enfin les grosses difficultés rencontrées par les filières notamment animales. Xavier Beulin a d’ailleurs rappelé sur ce dernier point que la priorité mise par le gouvernement sur l’élevage n’a pas l’effet escompté sur le terrain : « Depuis 3 ans, le gouvernement nous rappelle qu’il veut agir pour consolider l’élevage en France, pourtant aujourd’hui le bilan est à l’envers !  Quand je mets en ligne la réglementation, l’application de la PAC et ses contraintes, l’état des marchés, les prix qui nous sont payés, la grande difficulté que nous avons à nous faire comprendre sur le statut de l’éleveur, le bien être animal, la modernisation de nos élevages… on se demande, est-ce qu’on veut faire aujourd’hui encore de l’agriculture française un marqueur pour notre pays, pour la diversité agricole et alimentaire, pour nos territoires, pour notre capacité à répondre aux attentes des consommateurs ? »

 

Pour conclure le congrès, un échange sous forme de questions-réponses entre la salle et le Ministre de l’agriculture a eu lieu. Vivement interpellé, par les JA venus de toutes les régions, sur plusieurs grands sujets et en premier lieu celui du grand retard des aides à l’installation, Stéphane Le Foll a apporté peu de réponses. En effet il s’est plutôt défendu « je ne me défausse pas, aucun jeune installé depuis le 1er janvier 2015 n’a encore reçu sa dotation jeune agriculteur », au sujet des difficultés rencontrées dans les filières d’élevage, il a même indiqué « avoir fait son job ».

Au grand regret de tous les congressistes présents, les débats avec le Ministre auront été interrompus plus vite que prévus, et surtout sans aucune nouvelle annonce.

 

 

juin 16 2015

Blocage des abattoirs : les éleveurs d’Eure-et-Loir veulent des prix !

Le délai d’un mois annoncé par le ministre de l’Agriculture le 12 mai dernier lors de la réunion avec les acteurs de la filière bovine arrive à échéance. Une nouvelle table ronde est prévue ce mercredi 17 juin.
Pour l’avenir de la filière, il est impératif que la pression syndicale soit maintenue jusqu’à cette nouvelle réunion pour obtenir des avancées.

La situation des producteurs, dont les trésoreries sont au plus mal, est catastrophique. Les prix sont inférieurs en moyenne de 60 centimes par kg-carcasse au seuil indispensable pour assurer la rémunération des éleveurs et permettre d’investir et de moderniser les exploitations.  La gravité de la situation exige la mise en responsabilité de chacun des maillons de la filière. Sans augmentation du prix aux éleveurs et valorisation des produits,  c’est toute la filière bovine qui est en péril.

Une action syndicale pour bloquer, dans un premier temps, un des maillons de la filière – les abattoirs – est en cours. 16 sites d’abattoir sont depuis lundi paralysés sur le territoire national et seront bloqués au moins jusqu’à mercredi pour faire pression jusqu’à la table ronde à laquelle participeront l’aval et la grande distribution.

L’abattoir de Cherré est ciblé et est bloqué depuis dimanche soir, 21h. Les agriculteurs des JA 28 et de la FDSEA  y sont mobilisés depuis 5h ce matin au côté des éleveurs de la Sarthe.

juin 12 2015

Signez la pétition contre le plan Ecophyto 2

Après une seule réunion de travail avec l’ensemble des parties prenantes, où les acteurs agricoles représentatifs sont largement minoritaires, le plan Ecophyto II vient d’être mis en consultation publique jusqu’au 29 juin prochain.

Accéder à la consultation
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Ce plan fixe des objectifs irréalisables et pénalisant pour l’agriculture française.

Le CAF (Conseil de l’Agriculture Française) lance donc une pétition en ligne pour interpeler le Premier Ministre.

Nous vous invitons à lire la pétition, et à la signer  !
Signez la pétition

Seule une forte mobilisation des agriculteurs et des acteurs des filières agricoles nous permettra une réécriture en profondeur du plan Ecophyto II.
Nous comptons sur vous pour mobiliser vos voisins agriculteurs, vos familles, l’ensemble des acteurs des filières agricoles pour continuer à produire et manger français.

 

En quoi, selon Eric Thirouin,  le projet du Gouvernement est-il pénalisant pour l’agriculture française ?
Les objectifs de réduction d’utilisation des produits phytosanitaires sont irréalistes : – 25 % d’ici 2020 et – 50 % en 2025 – et ce alors que la France, première puissance agricole européenne, est au 9ème rang européen en terme de consommation à l’hectare !
Un dispositif proche des certificats d’économie d’énergie, les certificats d’économie de produits phytosanitaires, est proposé. Chaque distributeur (Coop ou négoce) devra regrouper un minium de certificats équivalents à une réduction de 20 % de son nombre de doses unités vendues en 2015. En cas de non atteinte de cet objectif, il devra payer une pénalité correspondante à  la totalité de sa marge sur ses ventes de produits phytosanitaire au-delà du seuil requis… Ce qui conduira de facto à un renchérissement important du prix des produits.
Autre sujet d’inquiétude majeur, le Certiphyto, avec un renouvellement tous les 5 ans au lieu de 10 ans et une évaluation des connaissances.
En outre, le Gouvernement souhaite accélérer, dès maintenant, le retrait de substances actives, et ce sans attendre de disposer de produits de substitution. Il ne flèche pas en priorité les moyens financiers sur la recherche opérationnelle de solutions innovantes de moindre impact sur la santé humaine et l’environnement.
Par ailleurs, il a certes prévu d’aider les agriculteurs pour l’acquisition d’agroéquipements, d’outils d’aide à la décision… indispensables à une meilleure maîtrise de l’utilisation des produits phytosanitaires. Mais les circuits financiers imaginés sont tellement coûteux et complexes que personne ne pourra accéder à ces aides. Or les agriculteurs contribuent directement au financement du plan Ecophyto à plus de 70 millions d’euros, suite à une hausse de 30 millions d’euros de la Redevance pour pollution diffuse décidée en 2015 par le Gouvernement – en pleine contradiction avec son engagement de ne plus augmenter la fiscalité ! Enfin, une nouvelle Gouvernance est annoncée, avec une place encore réduite pour les acteurs agricoles.